Petite présentation

Petite présentation
C'est en lisant des fanfictions que m'est venu l'idée de mettre mes histoires sur le net. Je vous laisse seul juge de la qualité de mon travail.

Si vous aimez la Fantasy, alors plongez-vous dans la lecture, sinon, vous risquez d'être déçus.

Bonne lecture.


Avis aux fans de Twilight !!!

J'ai créé une nouvelle fiction sur une autre rencontre entre Edward et Bella. Allez faire un tour ! C'est !






# Posté le mardi 30 décembre 2008 23:36

Modifié le samedi 31 janvier 2009 08:17

La nuit des esprits

La nuit des esprits
Voici un petit résumé de mon premier livre :

Fablon est un enfant comme les autres, vivant chez le seigneur Féror. Comme les autres ? Pas vraiment. Il est orphelin, jusqu'au jour où deux curieux personnages arrivent et lui racontent une bien étrange histoire. Qui sont-ils pour lui dire que seul lui, Fablon, peut sauver le monde ?

J'essayerai de poster un chapitre par semaine et un dans le week end.

Merci à celles et ceux qui lisent cette histoire.

# Posté le mercredi 31 décembre 2008 10:05

Modifié le lundi 05 janvier 2009 07:04

Chapitre 1

Chapitre 1
La nuit était noire. La brume commençait à s'épaissir, mais Karon avançait sans hésitation, comme s'il suivait une piste déjà tracée ou comme s'il connaissait le chemin. Il se dirigeait vers ce qu'il savait être l'endroit où se levait le soleil.

Amara bailla bruyamment. Sa Mère, en lui faisant remarquer que c'était indigne d'une jeune fille bien élevée de faire autant de bruit, enleva le drap qui couvrait la jeune fille. Celle-ci voulut protester, mais n'en fit rien car elle connaissait trop bien sa Mère pour savoir que c'était inutile. Quand elle fut levée, elle s'habilla en vitesse car l'air de la chambre était glacial, puis se coiffa avec l'aide de sa Mère. La porte s'ouvrit, et une tête enfantine passa dans l'entrebâillement de la porte.

-Va-t-en Fablon, dit la Mère, nous n'avons pas fini de nous préparer. Nous te ferons appeler quand nous aurons besoin de toi.

Fablon avait sept ans. Il était grand pour son âge, et son visage grave le faisait paraître plus grand. Sa seule particularité était d'avoir des cheveux gris comme la cendre. Le jeune page retira sa tête du passage, referma la porte, et partit aux cuisines pour voir s'il n'y avait rien à chaparder. Dans les cuisines, les gens de cuisine s'activaient, car le repas du milieu devait être copieux, les gardes étant toujours affamés et les nobles adorant manger pour le plaisir. Fablon repartit des cuisines avec des choux à la crème que Ludivine la cuisinière en chef avait préparé spécialement pour lui. Elle avait fourré les choux avec de la crème à la menthe, garniture assez rare à trouver, car Ludivine lui avait un jour dit que le commerce avec certaines régions laissait à désirer. Et Fablon en était d'autant plus heureux que la menthe était une saveur dont il raffolait. Il sortit des cuisines pour se rendre aux écuries où il allait voir le maître des lieux, qui n'était autre que son Tuteur. A son arrivée, les chevaux, jusque-là tranquilles, se mirent à remuer, à hennir car ils reconnaissaient celui qui venait le soir en cachette leur apporter des friandises. Le jeune garçon avança entre les boxes pour chercher son Tuteur. Il ne savait pas pourquoi, mais l'homme à qui il donnait le titre de Tuteur refusait de se faire appeler papa ou même Père. Fablon avait essayé une seule fois de l'appeler ainsi quand il était plus jeune, et il portait encore la marque du coup de ceinturon. Il cherchait donc qui étaient ses parents, demandant à tous ceux qui étaient susceptible de l'aider. Le garçonnet chassa ces pensées, et trouva le grand homme occupé à soigner la patte d'un jeune poulain.
Il faisait comme si le jeune garçon n'était pas là, puis d'un seul coup :

-Vas-y, demandes, qu'est-ce qui te tracasse ?

-Pourquoi Amara a-t-elle une Mère et pas moi ?

-C'est donc cela. Je me demandais quand est-ce que tu me poserais cette question. Mais vois-tu, même si je le sais depuis le jour où tu as vu le jour, je n'ais pas le droit de te le dire. Pas encore. Peut-être plus tard, mais pas pour le moment. Tu comprendras pourquoi plus tard. Mais pourquoi n'es-tu pas avec Amara ? Tu es à son service, je te le rappelle, ce qui signifie que tu dois être avec elle au cas où elle ait besoin de toi.

-J'ai encore une...

Mais Fablon n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'un jeune homme d'une vingtaine d'années arriva pour dire que le page était attendu dans les appartements de la dame Amara, puis il partit après avoir salué Duron. Le garçonnet partit donc vers le château, la tête pleine de questions, comme toujours lorsqu'il parlait avec son Tuteur. Il arriva devant la porte des appartements destinés à la demoiselle Amara et à sa Mère. La porte s'ouvrit avant qu'il ait eu le temps de toquer.

-Ah enfin, j'ai cru que tu n'arriverais jamais ! Mais tu n'es pas prêt ? Nous sortons faire un tour en ville car j'aimerais bien certaines herbes que je veux choisir moi-même. Eh bien, qu'attends-tu ? Dès que tu seras prêt, viens me rejoindre au jardin du bout.

Et la porte se referma. C'était toujours comme ça avec Amara, et c'était bien ce qui énervait Fablon. Selon lui, elle semblait penser qu'il était à son entière disposition, que sa vie à lui était uniquement basée sur celle de la jeune fille, qui quoique âgée d'un an de plus que lui, avait apparemment tous pouvoirs sur lui. La chambre du jeune garçon était dans la même aile qu'Amara, mais à l'opposé et un étage au-dessus. C'est que lui n'était, à ses propres yeux, qu'un petit domestique, sans importance pour les autres à part pour les gardes qui étaient toujours sympathiques avec lui, et Amara n'était pas du même rang que lui, mais cela ne le dérangeait guère. Une fois son manteau à moitié mité sur le dos il se mit en route vers le jardin, situé près des appartements de celle qu'il devait appeler maîtresse. Il la rencontra en chemin, vêtue d'une robe de satin bleue et d'une cape légère, car la journée promettait d'être chaude. Ils descendirent tous deux jusqu'aux portes du château et se dirigèrent vers la citée, située en contrebas de la citadelle. La descente, pavée, était à moitié abrupte, mais pas suffisamment pour empêcher chevaux et charrettes de passer au château qui servait de refuge au pays entier en cas de tempête ou d'invasion. Les deux enfants passèrent devant les rangées d'arbustes qui bordaient la route, devant une chaumière abandonnée puis ils arrivèrent aux premières boutiques de la ville.

-On nous suit Amara, dit Fablon inquiet, c'est normal ?

-Oui, ma Mère a insisté pour qu'ils m'accompagnent parce qu'elle dit qu'en ces temps-ci, les rues ne sont pas sûres.

Ils continuèrent en silence. En effet, pensa Fablon, à cause de ceux qui se faisaient appeler Les GV, Grands Voleurs, les villes étaient terrorisées. Au début, ils n'attaquaient que des villages mais depuis quelques temps ils se mettaient à terroriser les petites villes. Bien sûr, Ambrosia n'avait pas à s'en faire car étant proche de la capitale elle était bien gardée, avec de grandes murailles faîtes pour empêcher non seulement les envahisseurs, mais aussi le vent et les tempêtes, de détruire ou abîmer la forteresse qui, selon le ménestrel de la forteresse, avait des milliers d'années.
Les enfants arrivèrent devant un étalage de pierres, de simples et d'agrumes.

-Vous n'en trouverez nulle part ailleurs, car j'ai vérifié, je suis le seul à en vendre et à ce prix là vous faîtes une affaire, ma bonne demoiselle.

-Non je n'en veux pas, dit-elle sèchement en se détournant de l'étalage. Au revoir, ajouta-t-elle. Et elle s'éloigna en direction du marchand d'en face.

-Je croyais que tu en voulais, protesta Fablon, pourquoi n'en as-tu pas pris ?

-Je t'ais déjà dit de me vouvoyer, gronda-t-elle, tu es de rang inférieur à moi, tu me dois donc le respect. Et puis, il a dit que le prix était honnête, ce qui signifie qu'il n'est pas le seul à en vendre, sinon il ne m'aurait pas parlé du prix. Vu qu'il en a parlé, il a peur de la concurrence et voulait à tout prix que j'achète chez lui. Tu comprends ?

Elle avait dit ça sur le ton avec lequel on demande aux tout-petits s'ils ont compris une consigne, et Fablon n'aimait pas ce ton. Il suivit donc Amara en boudant et en traînant des pieds. Il était son valet, son chien, et elle avait l'air de trouver que c'était normal et plaisant. La jeune fille passait d'échoppe en échoppe, et à chaque étal, le jeune garçon se trouvait un peu plus chargé de paquets de toutes tailles. Heureusement pour lui, Amara se fatigua vite, et demanda à rentrer. C'est seulement quand ils firent demi-tour qu'une colère l'envahit. Il avait oublié les gardes de la jeune fille qui les suivaient de loin, et qui, même en le voyant chargé le laissait se débrouiller sans lever le petit doigt. Ça c'était trop fort ! Certes, il avait l'habitude de porter des paquets qui étaient souvent plus lourds que ceux-là, mais il était seul. Mais là, trois hommes forts les suivaient comme s'ils se baladaient tranquillement. Fablon espérait qu'une fois rentrés, Amara le laisserait tranquille et qu'il pourrait avoir du temps libre.

Ils arrivèrent au château et Amara laissa son page s'occuper de ranger les paquets. Quand il eut finit, le soleil était au plus haut. Le jeune garçon savait qu'il devait passer chez sa « maîtresse » pour prendre des instructions. Là, une jeune servante lui annonça que les Dames étaient sorties avec la reine, de passage dans la ville, pour bavarder, mais que la demoiselle avait laissé un mot pour lui : il avait quartier libre jusqu'au lendemain, car ces Dames étaient très occupées par la naissance future d'un duc. Fablon partit donc heureux en remerciant silencieusement la duchesse responsable des préparatifs, bien qu'il fût gênant pour le jeune garçon de penser le comment de la chose. Il partit donc le c½ur léger en direction de sa chambre. Devant la porte attendait son Tuteur et une femme qu'il ne connaissait pas, mais si elle était accompagnée de Duron c'est que la chose était grave sinon il n'aurait jamais quitté ses chères écuries. La femme avait de magnifiques cheveux blonds, et ses yeux bleus étincelaient.

-Te voilà enfin, gronda le maître d'écuries, il t'en a fallu du temps. Ça fait vingt minutes que j'ai envoyé quelqu'un te chercher. J'ai cru qu'il allait falloir te faire chercher en ville.

-Mais je n'ai...

-Tais-toi, le coupa Duron. La dame que tu vois là te demande et elle dit que c'est très important, bien que je ne voie pas ce que tu pourrais faire pour l'aider.

-Pouvons-nous entrer dans votre chambre ?

Sa voix était dure mais sympathique. Tout confus par cette demande qui n'était pas, contrairement à d'habitude, un ordre, il prit la clé et la fit jouer dans la serrure. La dame entra la première dans la pièce et s'assit sur la seule chaise qui se trouvait dans la modeste chambre du jeune garçon.

-Sait-tu qui je suis ? Commença-t-elle.

-Non, répondit innocemment Fablon. Est-ce que je le devrais ?

-Non, mais si tu l'avais su, on t'aurait peut-être rapporté des racontars des plus déplaisants sur moi. Maintenant, écoute-moi bien. Je...Il vaut mieux commencer par le début, mais ne m'interromps pas car l'histoire est longue. Bon, dit-elle en s'installant tranquillement, au commencement du monde, trois dieux avaient tout préparé pour que leurs protégés soient bien installés...

Là-dessus, un vieil homme entra, et Fablon était en train de se demander qui était ce nouvel intrus qui entrait chez lui comme dans un moulin, quand celui-ci prit le bras de la femme, l'entraîna dans le coin opposé aux deux hommes du château. Ils s'entretinrent quelques minutes puis leurs regards se portèrent sur le jeune garçon. Celui-ci observait le nouveau venu. Il avait des cheveux gris, mais pas de la même couleur que sa barbe qui était argentée. Il avait le même port que la femme, et Fablon leur trouva un air de ressemblance.

-Bonjour, dit le vieil homme en s'inclinant légèrement, je suis Brady, et je suis venu avec ma s½ur Hildegarde, continua-t-il, et Fablon remarqua qu'il avait hésité en disant leurs prénoms. Nous sommes artistes nomades, et nous sommes à la recherche d'apprentis...

-Je continue, le coupa la femme nommée Hildegarde. « Les trois dieux, qui voyaient les hommes en bons termes, se retirèrent, pensant qu'ils avaient réussi leurs rêves. Mais lorsque les hommes se rendirent compte que les dieux n'étaient plus là, ils rejetèrent tous la faute sur les autres. Des clans, des pays avec des frontières se créèrent, et les hommes se mirent à faire la guerre. Les dieux, attristés de cette façon de voir, ne pouvant rester parmi les hommes de peur d'être malmenés, décidèrent donc d'envoyer sur terre un Elu, qui disposerait de pouvoirs pour rétablir la paix. Et cet Elu réussit, grâce à un objet de très grande valeur, la Pomme d'Azur, à faire une paix, fragile certes mais une paix tout de même. L'Elu fut introduit dans le clan des dieux, en en devenant un lui-même. La Pomme d'Azur fut laissée aux hommes, dans le pays de Prêne, où résidait l'héritier de l'Elu. Mais tous les peuples ne sont pas restés en paix. Oh ! Ils ne faisaient pas la guerre, mais quelques meurtres par-ci par-là, des coups d'états, des faillites pour éviter la concurrence, et ils ont même réussi à faire lever des rebellions dans les pays voisins, pour des causes totalement futiles.

-Mais de quel pays parlez-vous ? Demanda Fablon.

-De la Baldurie. Les balduriens sont fourbes, lâches...

-Là n'est pas la question, trancha celui qui se faisait appeler Brady. Quelqu'un a volé la Pomme d'Azur, et ce n'est pas pour faire la paix, mais pour asservir tous les peuples et en faire des esclaves. Nous pensons que ce traître est allé dans la Baldurie, et nous allons donc partir à sa poursuite maintenant.

-Mais alors, fit le jeune garçon en réfléchissant fort, le voleur n'est pas baldurien ?

-Non, en effet, ce n'en est pas un. C'est...

-Disons, reprit Hildegarde, que c'est une personne de notre connaissance.

-Tout ceci est bien joli, mais je ne vois pas ce que j'ai à faire là-dedans, moi un pauvre page sans parent.

Fablon avait lâché ça parce que ça lui pesait depuis un moment sur le c½ur, et que ces personnes étant étrangères, il n'y avait rien de coupable à avouer cela. Cependant, il réalisa à ses dépends qu'il n'aurait jamais dû ajouter le dernier détail, car le maître d'écurie lui mit une si forte claque que la violence du coup le fit vaciller. Il était encore en train de protester, voulant savoir pourquoi il avait reçu cette gifle monumentale, quand le vieil homme prit la parole :

-Il ne faut pas le frapper Duron, il ne sait rien.

L'intéressé écarquilla les yeux car il n'avait jamais vu cet homme de sa vie, et il se demandait comment l'individu savait son nom.

-Eh bien, ne me regardez pas comme ça. Ce que tu as à faire là-dedans, continua le vieillard en se tournant vers le jeune garçon, c'est que tu es le seul à pouvoir tenir le joyau de la Pomme. Ne me demande pas comment je le sais, c'est comme ça. Et maintenant, fais tes bagages, je veux partir avant ce soir.

-Ah! Mais non, s'écria Duron, vous n'avez pas le droit. Il n'est pas à vous et vous n'en avez pas la garde.

-Je croyais que vous connaissiez les clauses du pacte ?

La dame s'était adressée à lui avec un sourire indéfinissable.

-Je... Je ne pensais pas que cela viendrait si tôt, bégaya Duron, et je l'ai mis au service d'une jeune demoiselle et...

Sa voix se brisa. On aurait dit qu'on venait de lui enlever les meilleurs étalons de ses écuries. Fablon avait le c½ur en morceaux en le voyant ainsi, mais cette tristesse était partagée avec de la stupeur face à la dernière phrase du vieil homme. Le Tuteur du jeune garçon regarda l'homme d'un regard désespéré puis s'adressa à Fablon.

-Ecoutes-moi bien mon garçon, et sa voix tremblait légèrement, tu dois suivre ces personnes. Elles sont très gentilles, et s'occuperont bien de toi.

Fablon n'en revenait pas. Non seulement son Tuteur s'était mis à genoux, mais il avait parlé d'une voix étrangement douce. Duron reprit :

-Ils vont t'emmener, et tu dois faire tout ce qu'ils te demandent, même si tu ne comprends pas. Je t'aime, mon garçon, et...

Mais il ne finit pas sa phrase et sortit en vitesse, les larmes aux yeux.

-Maintenant, il faut se dépêcher petit, car le temps presse. Fais ta valise, Hildegarde t'aidera.

Il sortit à son tour, et Fablon supposa que c'était pour consoler le maître des écuries. La valise fut prête en un clin d'½il car les possessions du garçon étaient maigres. La femme, supposant qu'ils étaient prêts à partir, sortit de la pièce, laissant le jeune garçon prendre son baluchon. Sur le seuil, Duron avait le visage grave, et des traces de larmes étaient encore visibles. En le voyant sortir, l'homme prit Fablon dans ses bras et le serra, au point d'étouffer l'enfant sans s'en rendre compte.

-Il nous faut partir maintenant, dit le vieil homme, et le petit garçon lui en voulut, car les marques d'affection de la part de son Tuteur étaient rares.

Celui-ci lâcha enfin Fablon, et l'écartant de lui, le regarda droit dans les yeux, comme il faisait lorsqu'il était fier de quelqu'un. Puis le vieil homme le prit par les épaules, et le fit s'écarter du Tuteur. L'enfant s'éloigna à contrec½ur, avec le sentiment exaltant de partir à l'aventure, mais aussi le c½ur gonflé de peine de devoir quitter ceux qu'il aimait, et surtout l'homme qui l'avait élevé.

Voilà le premier chapitre. Dites-moi ce que vous en pensez, que la critique soit bonne ou mauvaise.

# Posté le jeudi 01 janvier 2009 07:33

Chapitre 2

Chapitre 2

Dites-moi ce que vous pensez de ce début.

Hildegarde, le vieillard nommé Brady et Fablon sortirent ensemble du château puis dépassèrent les murailles de la citadelle, sous le regard curieux des sentinelles en faction. Le jeune garçon suivait ces deux inconnus, en se demandant qui ils pouvaient être, car ils avaient l'air mystérieux. Ils marchèrent jusqu'à la tombée de la nuit. Fablon s'arrêta alors et regarda en arrière. On ne voyait plus la ville et les tours du château se distinguaient à peine dans l'ombre grandissante. A ce moment, l'enfant sentit un effleurement. Il n'aurait su dire la nature de ce contact, mais ce n'était pas physique. C'était comme si quelqu'un avait tenté de lui parler ou de le toucher à l'aide de l'esprit. Il aurait voulu savoir ce que c'était, mais une force l'empêchait d'en parler. Il remarqua qu'il était en train de regarder ses pieds, quand la femme vint lui prendre le bras pour l'amener près du feu que venait d'allumer le vieil homme. Ils mangèrent de la viande séchée, prise dans les cuisines du château, et du pain encore assez frais. Pendant ce repas, les deux adultes parlaient de tout et de rien, en essayant d'inclure le jeune garçon dans leur conversation, mais celui-ci était trop fatigué pour suivre leurs paroles. Il s'endormit peu après avoir fini de manger, couché près du feu. Il s'éveilla un moment mais garda les yeux fermés. Pendant ce temps, la conversation continuait :

-Il faudrait quand même lui dire qui nous sommes, tu ne crois pas ? Disait la femme.

-Non, moins il en saura tant qu'il est faible, moins il pourra en dire s'il tombait entre leurs mains. Et s'il pose les bonnes questions alors on pourra lui répondre.

-Où allons-nous, maintenant que nous l'avons récupéré ?

-Il faut aller consulter Fridapi, et surtout garder le môme en vie, en bonne santé. Nous ne pouvons le cacher en attendant que son Destin s'accomplisse, car l'Ennemi l'a trouvé, vu ce que le baldurien nous a dit.

-Tu ne crois pas qu'il aurait pu nous avoir mentis ?

-Non, cela ne lui aurait servi à rien, il sait ce que nous pouvons faire. Nous allons donc...


Là-dessus, Fablon replongea dans le sommeil. L'aube pointait quand le vieux le réveilla en le secouant légèrement. Le fond de l'air était frais mais le soleil promettait encore une chaude journée. Ils prirent un petit déjeuner constitué uniquement de pain plus ou moins dur.

-Nous passerons en ville aujourd'hui, je pense, dit l'homme. Nous en profiterons pour faire quelques achats.

-J'aimerai aussi que nous achetions des habits plus corrects pour lui, ajouta Hildegarde en désignant Fablon du menton. Ceux-ci ne sont pas convenables, et commencent à être trop petits.

-Mais ils me vont bien, protesta le jeune enfant. Et je les aime.

-Je n'ai pas dit que tu devais les changer dès maintenant, mais il faudra y songer bientôt.

Et la discussion fut close. Les sentiers n'étaient pas mauvais, mais il était pénible pour Fablon de marcher sans s'arrêter pendant plusieurs heures car il n'y était pas habitué. Il n'osait pas adresser la parole aux deux personnes qu'il devait suivre, peut-être à cause de sa timidité face à de total inconnus, ou bien peut-être parce qu'il lui semblait que ces deux individus étaient beaucoup plus qu'ils ne voulaient le dire. Le contact qu'il avait senti la veille se faisait plus présent, et il pouvait à présent le sentir venir et s'en aller. La femme le regardait souvent, le surveillant ou simplement vérifiant qu'il arrivait à les suivre. Ils arrivèrent enfin à un groupe de maisons, serrés au fond d'une vallée. Le sentier devint une route pavée, qui entrait dans le village. Ils passèrent devant plusieurs maisons de paysans, puis arrivèrent devant une boutique avec, sur la vitrine, un dessin de pâtisseries, et, choses peu courantes pour le jeune garçon, des lettres.

-Qu'y a-t-il marqué sur la vitre ? Demanda-t-il.

-Comment ! S'exclama Hildegarde, tu ne sais pas lire !

A ce ton, Fablon se fit tout petit, car il ne comprenait pas pourquoi on le grondait. Seuls les grands Messieurs et les grandes Dames apprenaient les lettres, mais pas un petit apprenti qui devait succéder au maître d'écuries, après avoir été page.

-Bon, ce n'est rien, reprit la femme en radoucissant sa voix, ce n'est pas ta faute. Mais il faudra bien que tu apprennes un jour.

-Vous allez m'apprendre à lire les lettres !

-Et aussi à les écrire.

-C'est merveilleux, s'écria le garçonnet, je vais savoir lire et écrire.

-Oui, mais ce n'est pas notre affaire pour le moment, répondit sèchement Brady. Entrons.

Ils passèrent le seuil, et Fablon fit le tour du magasin en observant tous les étalages. Pendant ce temps, Hildegarde lui choisissait des habits, et l'homme à l'âge incertain prenait des provisions, tant solides que liquides. Puis, les achats finis, il les emmena dans une taverne.

-Je croyais t'avoir prévenu que je ne voulais pas que tu y mettes les pieds. Mais comme d'habitude, tu n'écoutes pas.

-Mais il fait chaud, gémit-il en faisant un clin d'½il à Fablon, et je suis sûr que notre jeune compagnon a le gosier sec.

Fablon, même s'il ne savait pas ce qu'était un gosier, hocha la tête car il avait très soif et il avait déduit que l'endroit où ils étaient pourrait lui fournir un remède à sa soif. Ils s'assirent à une des tables les plus proches de la porte, d'où soufflait un courant d'air frais. Là, Hildegarde demanda deux tasses de thé et l'homme commanda sous l'½il noir de sa fille une chope de bière, ainsi que trois portions du plat qui était servi ce jour-là.

-J'aimerais bien savoir qui vous êtes monsieur », demanda Fablon, car il avait décidé de poser cette question qui lui brûlait les lèvres et qu'il n'oserait peut-être pas poser plus tard. Les deux adultes le regardèrent avec étonnement, du fait que c'était la première fois qu'il posait une question depuis leur départ.

-Que veux-tu dire, mon garçon, demanda le vieux, je ne t'ai rien dit sur nous ?

-Si, répondit le jeune garçon, mais je ne pense pas que ce soit votre véritable identité, parce que vous me semblez trop mystérieux pour être de simples artistes. Et vous ne m'avez dit que des prénoms, rien d'autre.

-Tu es un garçon bien plus éveillé et intelligent que je ne le pensais, surtout pour un petit bonhomme de sept ans. Mais je te répondrai quand nous aurons repris la route, à l'abri des oreilles indiscrètes. Si comme je le pense les espions de l'ennemi ont remarqué que tu étais parti, s'ils savent qui tu es, alors ils seront bientôt partout. Mangeons, continua-t-il en voyant arriver les assiettes fumantes.

Le repas fut expédié assez rapidement, contrairement aux repas que prenaient Fablon à la forteresse, qui étaient suivis selon l'étiquette. Une fois les assiettes et les verres vides Brady paya, et le petit groupe sortit. Il faisait encore bon dehors, malgré le soleil déclinant, et le petit garçon fut surpris du temps qui, malgré un repas rapide, était vite passé. Le groupe se dirigea vers la sortie du village, dépassa les dernières chaumières puis s'enfonça dans les bois qui bordait le village. Là, l'air était frais, et Fablon se demandait pourquoi ils n'avaient pas dormi en ville. Quand il posa la question, la femme lui répondit qu'il fallait éviter de se faire remarquer, et puis que ça économisera ce que son père ne boirait pas. Ils marchèrent jusque tard dans la nuit.

-Pourquoi marche-t-on de nuit maintenant ? Demanda Fablon, ivre de fatigue.

-Nous nous reposerons plus tard, mais je voudrais bien avancer le plus possible afin d'être loin quand il fera jour, lui répondit le vieux.

-Pourquoi, tu es inquiet ? Lui demanda sa fille.

-Un peu, oui, j'ai vu des hommes assez louches, et bien que je ne sache s'ils sont ou non des espions, je préfère ne pas le leur demander et mettre beaucoup de lieux entre eux et nous. Tu n'es pas trop fatigué, dit-il en regardant le jeune garçon par-dessus l'épaule ?

-Non, ça ira, répondit-il courageusement car il voulait montrer qu'il était plus fort que le vieux ne pensait.

Et la marche continua. Ils s'arrêtèrent dans une petite clairière, et Fablon se laissa tomber contre un arbre, prêt à s'endormir. Mais le vieux n'était pas décidé à le laisser faire, puisque c'est lui qui reprit la conversation laissée à l'auberge.

-Alors comme ça tu te demandes qui nous sommes vraiment ?

-En gros, c'est ça oui. Quand vous avez dit vos noms l'autre jour, vous avez hésité, comme si vous cherchiez un prénom.

-Tu es un garçon perspicace, mais que penses-tu, puisque tu ne nous crois pas artistes ?

-Je pense...que ...


-Il ne voulait rien te dire, reprit la femme, mais je vais le faire pour lui. Tes parents sont morts, c'est vrai, mais ce que tu ne sais pas, c'est que ton père avait un frère, Radilon. C'était un des descendants de l'Élu, et donc un des gardiens de la Pomme d'Azur. Mais les voleurs du joyau l'ont tué, pour pouvoir s'en emparer car Radilon leur faisait obstacle. On ne sait toujours pas comment ils s'y sont pris pour la toucher, parce que tu sais que la Pomme d'Azur tue ceux qui essaient de la toucher avec des c½urs impurs, et qui ne sont pas des descendants de l'Élu. Une autre chose que nous ne comprenons pas, c'est pourquoi tes parents ont eux aussi été tués. Cela aurait pu aider les voleurs, ils auraient pu les utiliser pour voler le joyau, mais ils n'en ont rien fait. Je sais que ça fait mal d'entendre que ses parents ont été assassinés, surtout pour une cause stupide, et que leurs morts ont été inutiles. Mais je serai toujours là maintenant, finit-elle d'une voix douce, mais ses yeux lançaient des éclairs de haine.

-Tu n'aurais pas dû lui dire maintenant, fit l'homme d'un ton pas très agréable.

La femme lui lança un regard noir, puis elle porta son regard sur Fablon. Celui-ci, les larmes aux yeux, méditait silencieusement ce qu'on venait de lui dire. Mais la femme n'avait pas répondu à toutes ses questions :

-Alors qui êtes-vous ?

-Je suis Hildegardia, et voici mon père Uldir.


-Les Grands Sorciers ! S'écria le jeune garçon, stupéfait.

-Eh oui! répondit Uldir en souriant, les Grands Sorciers. Mais ne t'inquiète pas, je n'ai pas pour habitude, contrairement aux rumeurs, de changer n'importe qui en n'importe quoi.

-En plus d'être sorcier, nous sommes, comment dire, des parents éloignés, du coté de ton père. Lui, dit-elle en désignant son père, pourrait être ton grand-père, et moi ta tante, à un certain degré. Maintenant que tu as l'esprit plus tranquille, et avant de te poser d'autres questions, dors, sinon tu n'arriveras pas à te lever.

Là-dessus, elle lui donna sa couverture, son oreiller où il posa sa tête et il s'endormit comme une masse. Le lendemain matin, le temps était couvert et de gros nuages noirs envahissant le ciel.

-Ça ne me plait pas ce temps, déclara Uldir. La marche sera moins aisée.

-On peut passer la journée à l'abri des arbres, si tu veux, proposa sa fille.

-Surtout pas, ça nous retardera trop. Nous ne sommes pas en avance, et tu le sais mieux que quiconque, grommela le vieux.

-Si tu ne t'étais pas enivré comme tu l'as fait, je n'aurai pas insisté pour que tu reprennes tes esprits, et tu n'étais pas en état de reprendre la route.

-Oh! Ça va comme ça les leçons de morales. Nous marcherons jusqu'au prochain village où nous trouverons un ami.

-Il ne tiendrait pas une taverne par le plus grand hasard ? Lui demanda Hildegardia d'un ton aigre.

-Comment l'as-tu deviné ? Répondit l'autre, un grand sourire jusqu'aux oreilles.

La discussion en resta là, mais Hildegardia se rapprocha de Fablon pour entamer une autre discussion sur les différents travaux que le jeune garçon avait effectués lors de sa vie au château. Il raconta les jours d'hivers où il devait s'occuper du jardin d'Amara, et qu'une fois finie cette corvée, la jeune demoiselle lui donnait souvent un ordre des plus stupides, à faire dehors, évidemment. Il parvint même à dire ce qu'il pensait vraiment de cette petite fille, trop gâtée à son avis. Il commençait à apprécier cette longue marche, car il pouvait enfin se confier à quelqu'un qui ne lui disait pas que c'était mal de se plaindre. La pluie commença à tomber vers midi, alors qu'ils cherchaient un endroit pour manger, une petite pluie fine mais glacée.

-Je suppose que c'était inévitable, grommela Uldir.

-Cesse de ronchonner, le gourmanda sa fille, on va manger en vitesse sous ce bosquet là-bas, puis on se dépêchera d'aller à ce village dont tu as parlé tout à l'heure. Allons.

Il mangèrent de la viande séchée achetée à la ville précédente puis se remirent en marche rapidement. Tout en marchant, Fablon ressentit une drôle d'impression, un nouvel effleurement, mais un peu plus puissant que la fois précédente. Cette fois-ci, il regarda bien aux alentours, mais ne vit qu'un oiseau et un écureuil. Mais tout à coup, un homme encapuchonné passa en courant et en hurlant, le dérangeant dans ses réflexions.

-Ne t'inquiète pas petit, dit simplement le vieil homme, ce n'est que Krezzul. Il est sortit trop tôt de sa cachette, mais il nous rejoindra au crépuscule.

-Tu verras, c'est un homme tout à fait charmant, ajouta Hildegardia, un sourire aux lèvres.

Il sembla à Fablon qu'elle se remémorait des évènements passés, apparemment heureux. Le temps ne s'était pas amélioré, et il avait même tendance à empirer. En effet la petite pluie fine était passée à une averse drue, avec un accompagnement d'éclairs et de coups de tonnerre. Le chemin qu'ils prenaient commençait à s'élever en douceur, juste assez pour être légèrement plus fatigant. Fablon marchait tant bien que mal, sous la pluie glacée, trébuchant sur les nombreux trous formés à la suite de passages réguliers de chariots. Enfin, la nuit commença à tomber, vrai miracle pour le jeune garçon qui en avait vraiment marre de marcher. Ils s'arrêtèrent dans une dépression formée par le paysage. Pendant qu'ils mangeaient, la pluie cessa et les nuages furent repoussés par le léger vent qui venait de se lever. Le personnage encapuchonné arriva à ce moment.

-Pourquoi ne m'avez-vous pas prévenus qu'il faisait jour quand je vous ai dit que j'arrivais ? Demanda celui-ci d'un ton hargneux.

-Je ne pensais pas que c'était utile, répondit le vieil homme sans lever les yeux de son assiette ni s'interrompre de manger. On m'avait toujours dit que les vampires dormaient tout le jour pour ne s'éveiller qu'au soir.

Un vampire ! Pensa Fablon affolé. Il n'en avait jamais vu, mais il en avait entendu parlé : les vampires se nourrissaient du sang humain, pour les tuer et prendre leur âme.

-Ne t'inquiète pas chéri, le rassura Hildegarde, comme si elle savait les pensées de son jeune compagnon, il ne te fera aucun mal.

-Non, il ne t'en fera pas, renchérit Uldir, je te l'assure. Il est tout à fait inoffensif et dévoué à notre cause. Il se joint d'ailleurs à nous pour nous aider, comme le feront d'autres au cours du voyage. Bon, alors si votre mauvaise humeur est passée, pouvez-vous nous apprendre quelque chose ?

-Oui, mais est-ce bien prudent devant lui ? S'enquit-il en désignant Fablon du menton.

-Il est vrai que j'ai oublié de vous dire qui était notre jeune compagnon, s'exclama Hildegardia. Voici Fablon. Dis-moi Fablon, peux-tu aller me chercher du bois, s'il te plait ?

La question était naturelle, mais le jeune garçon savait parfaitement que si on lui demandait de s'éloigner, c'était pour parler de choses importantes, qui ne l'auraient peut être pas intéressé, mais une part de lui se demandait s'ils n'allaient pas parler de lui. Toutefois, comme c'était la première fois qu'on lui demandait gentiment, sans violence, pour faire quelque chose d'utile, il accepta. Il s'éloigna donc vers le bosquet d'arbres qui se trouvaient plus haut. Une fois suffisamment de bois ramassé, il entreprit de grimper pour voir si l'horizon offrait un paysage attrayant, car la nuit était claire grâce à une lune quasi pleine. Une fois arrivé en haut, il déposa son tas de branches, puis fit quelques pas pour explorer ce territoire inconnu et obscur. Soudain, un nuage passa, voilant la lune. Un nuage de poussière s'élevait au loin, et Fablon se demandait ce qui pouvait être à l'origine de ce nuage, et s'il devait avertir les autres. Enfin, après délibération de sa conscience, il prit le parti d'aller avertir Hildegardia à toute allure. Il ramassa le plus possible du tas de petit bois puis dévala la pente menant au bas du vallon, puis raconta tout à la femme.

-Doucement, dit-elle une fois que le jeune garçon eut fini, tu n'as pas vu ce qu'était ce nuage, des chevaux ou autre chose ?

-Non, répondit l'intéressé, je pensais que vous vouliez le voir par vous-même, j'aurais dû attendre ?

-Non, lui intervint Uldir, tu as très bien fait. Bon, dit-il en s'adressant au vampire, vous pourriez aller voir discrètement ?

-Si vous voulez, mais vous n'avez pas peur qu'ils me reconnaissent, s'il y a des Chaptars ?

-Non, je ne pense pas, lui répondit Hildegardia, il n'y a rien d'anormal, personne n'essaye de me contacter.

-Dites, Hildegardia, c'est quoi un Chaptar ? Demanda Fablon.

-C'est une créature possédant quelques pouvoirs magiques. Ils impressionnent les populations pour mieux s'en servir et les asservir, répondit Uldir.

Le vampire devint flou pendant qu'Uldir répondait à Fablon, puis le temps pour Fablon d'un battement de cils, fut une chauve-souris. Celle-ci s'envola puis disparut dans le ciel. Au bout de quelques minutes, elle réapparut, descendit puis se posa. L'animal se retransforma en vampire.

-Alors ? Demanda Uldir une fois que le vampire se soit retransformé.

-C'était un groupe de cavaliers, mais on dirait qu'ils ne voulaient plus vivre.

-Que leur avez-vous fait ? Questionna Hildegardia.

-J'avais une petite faim, mais c'est de leur faute si je les ai attaqués, ils me visaient avec des flèches.

Là-dessus, ils se mirent à plaisanter sur la stupidité des balduriens. Fablon, lui, préféra s'éloigner pour chercher un endroit où dormir. Il mit un moment avant de trouver coin confortable sur un tapis de mousse.

# Posté le vendredi 02 janvier 2009 13:46

Chapitre 3

Voici la suite :

Le lendemain, Fablon remarqua que le vampire n'était plus là. Ils se mirent en route une fois le petit-déjeuner pris. Le soleil était déjà haut dans le ciel quand ils s'arrêtèrent pour reprendre des forces.

-Où est passé le vampire ? demanda Fablon.

-Il est parti se cacher dans une grotte, lui répondit Hildegardia. Tu dois te douter que, comme tous les vampires il ne supporte pas la lumière du soleil.

-Oui, j'en ai entendu parler.

Puis il replongea dans son silence. Il remarqua à peine les villages qu'ils traversèrent, et il fallut qu'Uldir lui fasse remarquer en grommelant de faire plus attention où il mettait les pieds, le chemin étant de plus en plus accidenté.

Quand le soleil se fut couché, ils s'arrêtèrent pour dormir, mais Fablon n'était pas fatigué. Il ne se rendait même pas compte qu'il faisait nuit, car il demanda à Hildegardia pourquoi il fallait dormir. Uldir et sa fille s'échangèrent un regard d'inquiétude et d'étonnement. Hildegardia ouvrit son sac, et en sortit une petite fiole. Elle en donna une pleine cuillère au jeune garçon. Celui-ci s'endormit comme une masse, d'un sommeil de plomb. Il se réveilla le lendemain plus frais et les idées plus claires, mais une partie de son esprit était encore embrumé.

-Pourquoi me regardez-vous comme ça, demanda Fablon, qui avait fini par s'apercevoir des regards en coin qu'Hildegardia et son père lui jetaient.

-Tu as un comportement bizarre ces temps-ci, lui répondit Hildegardia. Qu'est-ce qui t'arrive ?

-Je ne sais pas, répondit le jeune garçon. On dirait que je suis dans un rêve, sauf que je ne dors pas. Parfois, je n'arrive pas à aligner deux pensées à la suite. Tu, non, vous comprenez ?

-Il faudrait que tu arrives un jour à nous tutoyer, je t'ai dit ce que nous sommes pour toi; et je pense avoir une idée sur ce qui t'arrive. Si jamais ça recommence préviens-moi tout de suite, je ferais quelque chose.

Là-dessus, elle rejoignit son père pour avoir des indications sur le chemin à suivre. Fablon, lui, resta derrière. La journée était bien avancée quand ils s'arrêtèrent pour déjeuner. Le repas était frugal, fait des restes des provisions faites en ville. Fablon était toujours dans la brume, et il faisait des efforts pour rester éveillé et pour suivre sa « tante » et le père de celle-ci. En haut d'une colline, une silhouette se découpa dans le ciel. En se rapprochant, Fablon s'aperçut que c'était un grand chevalier à l'armure étincelante.

-Hé là ! Marauds, que venez-vous faire sur mes terres ? Demanda à haute voix le chevalier.

-Vous nous attendez, chevalier Cattogan, répondit Uldir, et je voudrais vous parler au plus vite, mais descendez donc de votre colline, ce sera plus pratique.

-Milles excuses, Grand Sorcier, je ne voulais pas vous accueillir de la sorte, mais je dois faire la loi parce que des brigands infestent les environs, répondit Cattogan.

-Voilà qui est fort bien, acquiesça Uldir. Vous connaissez Hildegardia, ma fille.

-Bien sûr, qui n'a pas entendu parler de la noble Hildegardia, fille du Grand Sorcier Uldir, détentrice de pouvoirs extraordinaires, à l'instar de son noble père ! S'exclama le grand chevalier. Et qui est ce jeune garçon qui vous accompagne ?

-C'est un compagnon d'une extrême importance par la suite, mais vous n'en saurez pas plus pour le moment, répondit Hildegardia.

-Fort bien. Bonjour, jeune...

-Fablon, dit Hildegardia qui commençait à se demander ce qui pouvait bien se passez dans la tête de son protégé, parce que Fablon regardait le chevalier, mais ses yeux étaient vitreux.

Ils reprirent la route en compagnie du chevalier Cattogan, et Uldir se chargeait de le mettre au courant. Bien sûr, Fablon resta en arrière, préférant regarder le paysage, mais surtout parce qu'une force le retenait de parler et le forçait à rester à l'écart. Le reste de la journée fut calme, sans incident. La nuit tombée, le vampire revint avec eux. Il se joignit à Fablon et resta avec lui, respectant son silence. Cependant, ce fut lui qui engagea la conversation.

-Nous n'avons pas été présentés. Mon nom est Krezzul, et je viens d'un pays que tu ne dois pas connaître, la Fadurie. Et toi, d'où viens-tu ? Si cela ne t'embête pas de me le dire bien sûr, se reprit-il rapidement.

-Moi, c'est Fablon, répondit machinalement le jeune garçon. Je viens Farilie. C'est un pays au bord de la mer.

-Je n'y suis jamais allé. C'est comment ?

-Plat, avec plein de champs. J'habitais dans la citadelle où résidait le seigneur Féror, j'étais le page de sa fille, Dame Amara. Elle n'arrêtait pas de me donner des ordres farfelus, mais je l'aimais bien, elle me manque.

En évoquant la citadelle, Dame Amara et les écuries, il s'était rendu compte que tout cela lui manquait. Quelques semaines avant, il aurait tout donné pour pouvoir partir à l'aventure, ne plus servir Dame Amara, mais maintenant ses sentiments n'étaient plus les mêmes. La mélancolie commençait à l'envahir.

-Ils te manquent, c'est ça, demanda doucement Krezzul.

-Oui, je crois bien que oui, murmura Fablon.

Hildegardia avait ralenti le pas pour pouvoir être avec son protégé.

-Allons, ça va aller, tu verras...

Mais elle ne finit pas sa phrase. Fablon se jeta dans ses bras et se mit à pleurer. Il aurait voulu montrer qu'il était fort, que c'était un grand garçon qui ne pleurait plus, mais c'était au-dessus de ses forces. Il avait le c½ur brisé, sans repère, obligé de faire confiance en ces gens, qu'il aimait soit, mais qui ne s'était pas occupé de lui, qui ne s'étaient jamais manifesté durant son enfance. Uldir et le chevalier Cattogan s'arrêtèrent, et Krezzul suggéra de prendre un peu de repos, ce dont Fablon le remercia intérieurement. Les trois hommes allèrent à l'écart, pendant qu'Hildegardia réconfortait le jeune garçon.

-Allons, c'est fini, il ne faut pas être triste comme ça. Je sais que c'est dur d'être séparé de ceux qu'on aime, qui nous ont aidés, mais c'est la vie. Tu as un devoir à accomplir. Le monde est en danger, Fablon, en très grand danger même, et c'est à toi de le sauver. Mais ce n'est pas pour tout de suite, ajouta-elle en souriant. Tu as le temps de grandir. Tu es fort, mon chéri, et je t'aime de tout mon c½ur, ajouta-elle en l'embrassant. Même si tu m'en veux de t'avoir laissé tout ce temps chez le seigneur Féror. C'est moi qui t'ai emmené quand tu étais encore bébé. Je t'ai donné aux bons soins de Duron, lui confia-t-elle encore, je l'avais rencontré dans une échoppe d'épice, et il m'a tout de suite plût, car il semblait très correct. J'ai pensé qu'il ferait de toi un petit garçon heureux, enfin autant qu'il est possible pour un aide du maître d'écuries. Je ne voulais pas te confier au seigneur Féror, car je ne voulais pas qu'on te remarque, et cela aurait été un danger de plus avec les intrigues de la cour. Voilà l'histoire. Ça va mieux maintenant ? Lui demanda-t-elle doucement.

Il acquiesça d'un mouvement de tête, car il était sur le point de s'endormir, bercé par les bras réconfortants de celle qu'il considérait désormais comme sa tante.

Elle posa l'enfant sur le sol, lui mettant sa cape comme oreiller. Puis elle rejoignit le reste du groupe.

-Comment va-t-il ? s'informa Krezzul qui s'était pris d'affection pour le plus jeune de ses compagnons.

-Il dort, répondit Hildegardia. Un coup de cafard, c'est tout. J'aimerai néanmoins savoir ce qu'il y a chez lui. Il n'est plus lui-même.

-Comment peux-tu le savoir, demanda Uldir, on ne l'a pas vu pendant sept ans.

-Oh! Ça va. Tu sais très bien les raisons qui nous ont poussé à le faire, et c'est toi pour ainsi dire qui m'a obligé. S'il n'y avait eu rien d'autre tu sais parfaitement que c'est moi qui l'aurai gardé. Mais il a un caractère facile à cerner, et quelque chose ne va pas, je le sens.

-Tu penses que c'est un Chaptar qui s'amuserait ? demanda Uldir.

-Je ne sais pas mais on en aura le c½ur net demain. En attendant, tous au lit.


Karon s'arrêta. Un bruit le dérangeait. Ce bruit, il le connaissait. C'était la Pomme d'Azur qui l'appelait à l'aide. Il savait où la trouver, il était en contact permanent avec elle. Mais il fallait retrouver le Grand Sorcier, car lui seul avait l'instrument qui pouvait reprendre la Pomme d'Azur et détruire celui qui avait volé son précieux joyau. Il s'assit car il savait que le point de rencontre serait celui-ci. Et il regarda la mer qui se trouvait en face de lui.


La matinée était ensoleillée quand ils reprirent la route. Fablon se sentait mieux mais Hildegardia insista pour l'examiner. Il avait cependant oublié toute la conversation de la veille. Elle prit la tête du jeune garçon dans ses mais, ferma les yeux puis inspira profondément. Quand elle rouvrit les yeux :

-Non, il n'a plus rien. Je pense que s'il a tenté quelque chose, j'y ai mis un terme hier soir.

Là-dessus, elle se mit à avancer, le chevalier engageant la conversation avec elle. Et le chemin continuait. La seule compensation de Fablon était que plus ils avançaient et moins il y aurait de chemin à faire, car il ne savait même pas où il allait, ni pourquoi il devait y aller. Tout ce qu'Hildegardia lui avait dit c'est que le monde avait besoin de lui, mais en réfléchissant bien, il en vint à la conclusion que le monde s'était bien passé de lui depuis sa création, et que de toute façon s'il devait faire quelque chose il n'y arriverait pas, parce qu'il était le plus jeune de la petite troupe. Le soleil était déjà bien haut quand Uldir s'arrêta.

-Quelque chose ne va pas ? Lui demanda le chevalier.

-Je ne sais pas, je pense avoir entendu un bruit mais je n'en suis pas...

Il n'eut pas le temps de finir que des hommes armés fondirent sur eux. Le chevalier prit son épée et fit de grands mouvements pour intimider les intrus, mais ce stratagème ne fonctionna pas puisqu'ils continuaient à se rapprocher. La lutte fut engagée. Un des hommes armé d'un poignard s'élança, visant Uldir, tandis qu'un autre commençait un combat à l'épée contre Cattogan. Fablon, terrorisé, était resté à l'écart. Un coup violent sur la tête le fit voir des étoiles, et avant qu'il ait eu le temps d'appeler Hildegardia qui se battait avec un des hommes, il fut bâillonné et son regard fut assombri par le voile noir de l'inconscience.

# Posté le lundi 05 janvier 2009 07:02

Modifié le lundi 05 janvier 2009 07:23